ULIF & MJLF

JEM c’est un mouvement né du rassemblement du Mouvement Juif Libéral de France (MJLF) et de  l’Union Libérale Israélite de France (ULIF), après une séparation de plus de 40 ans. Retour sur l’histoire de ces deux plus grandes communautés juives libérales françaises.

ULIF, une histoire centenaire

La synagogue de la rue Copernic a été inaugurée le 1er décembre 1907, au premier soir de ‘Hanouka. C’est un des actes fondateurs de l’Union Libérale Israélite de France et plus généralement du courant libéral du judaïsme français, qui signe alors son indépendance vis-à-vis du judaïsme consistorial. Plus de cent années ont passé et la synagogue de la rue Copernic réunit aujourd’hui 1000 familles environ autour de ses valeurs fondatrices et de ses deux rabbins, Philippe Haddad et Jonas Jacquelin. La synagogue a également maintenu la tradition du ‘Hazan (chantre ou cantor), officiant expert en cantillation liturgique des textes hébraïques, qui aide le rabbin à diriger la prière. Deux très belles voix de basse et de baryton se sont succédées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : celle d’Émile Kaçman puis celle d’Armand Benhamou, qui résonne aujourd’hui avec force dans la synagogue, pour le plus grand bonheur de nos fidèles.

Après avoir prié pendant quelques années dans un local de la synagogue de la Victoire mis à disposition par le grand rabbin Zadoc Kahn, le petit groupe de juifs bourgeois et réformés, réunis sous le ministère du Rabbin Louis-Germain Lévy, s’installe dans un ancien atelier de peintre, rénové, sis au rez-de-chaussée, 24 rue Copernic dans le 16ème arrondissement. Mme Brandon Salvador, riche bienfaitrice, offre alors l’harmonium. Face à l’intérêt croissant pour ce judaïsme moderne, l’ULI se trouve vite confronté à un problème de place. L’agrandissement ne sera possible qu’après la première guerre mondiale. L’immeuble du 24 rue Copernic est acheté en 1921. Une nouvelle synagogue est édifiée par l’architecte Marcel Lemarié, entre 1923 et 1924, grâce aux prêts de Mme Edgar Hitz et de M. Théodore Reinach. La générosité des Mamelsdorf, une famille juive américaine, permettra de résorber les dettes de la communauté et d’inaugurer un nouvel harmonium. En 1961, l’immeuble a été surélevé de deux étages pour accueillir les bureaux et les salles de cours. En 1968, l’ULIF achète le rez-de-chaussée du 22 rue de Copernic pour agrandir la synagogue. Dans un style art déco, la synagogue présente une verrière-vitrail en forme d’étoile de David. Soufflée par l’attentat du 3 octobre 1941, puis par l’attentat du 3 octobre 1980, elle a été reconstituée à l’identique et remise en lumière pour le centenaire de l’ULIF.

Fondateur de l’ULIF en 1907, Louis-Germain Levy, en est également le premier rabbin. Brillant intellectuel, auteur d’une thèse sur MaÏmonide il est aussi un réformateur actif tant au niveau institutionnel (il participe à la création de la World Union for Progressive Judaism) qu’à l’échelle de sa communauté.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il passe la main à André Zaoui, jeune rabbin qui fait ses premières armes à Copernic à l’occasion de l’office de Pessa’h en 1946. Celui-ci opère un retour vers davantage de pratique et fonde l’Institut International d’Études Hébraïques, premier centre de formation de rabbins libéraux en France. C’est d’ailleurs de cet institut que sortiront ses deux successeurs : Nissim Gabbay, rabbin de Copernic de 1962 à 1970 et Daniel Farhi en poste de 1970 à 1977. Ce dernier, épaulé par le rabbin Colin Eimer entre 1971 et 1974, stimule la vie communautaire et développe le dialogue interreligieux. En 1974 il part pour fonder le MJLF.

Lui succède alors en 1976, le rabbin Michael Williams, fraîchement diplômé rabbin du Leo Baeck College de Londres. C’est le début d’une longue histoire qui s’achèvera lors des fêtes de Tichri 2012, après 36 années de “règne”. 36 années durant lesquelles il n’a eu de cesse d’être celui qui, inlassablement, transmet, écoute, encourage et interpelle ses fidèles. Cet homme charismatique, historien diplômé d’Oxford, amateur d’art et de littérature classique, féru de culture asiatique, promu au rang d’Officer of the British Empire par la reine Elisabeth II en 1996, s’est engagé dans notre communauté avec dévouement, fidélité et un sens aigu du flegme et de l’humour britanniques.

 

MJLF, une histoire militante

Le Mouvement Juif Libéral de France (MJLF) a été fondé le 2 juin 1977, par quelques familles issues de l’Union Libérale Israélite de France (ULIF) de la rue Copernic. Il a choisi d’emblée, comme son nom l’indique, de s’affirmer comme un mouvement, avec la dimension d’engagement, voire de militantisme, que cela suppose. La synagogue de Beaugrenelle, édifiée en 1981, représente une communauté de 1000 familles, sous le ministère des rabbins Delphine Horvilleur (depuis 2008) et Yann Boissière (depuis 2012). C’est un véritable lieu de vie où sont organisés offices, Talmud Torah, célébrations (bat- et bar-mitsva, mariages, nominations, brit-mila), rencontres, cours, dîners communautaires, et également des évènements emblématiques comme la Journée de la Culture et du Livre Juifs ou la Nuit d’étude de Chavouot.

Autour de ses fondateurs, le rabbin Daniel Farhi, Roger Benarrosh et Colette Kessler, alors respectivement président et directrice du Talmud-Torah, le petit groupe issu de l’ULIF se rassemblait d’abord, pour les offices, dans les appartements des fidèles, puis dans un temple prêté par une communauté protestante, avant de construire en 1981 sa propre maison communautaire, dans le quartier neuf de Beaugrenelle, à l’Ouest de Paris, dans le 15e arrondissement Le Président de la République de l’époque Monsieur Jacques Chirac avait accepté que le terrain soit cédé à l’association. Grâce à la générosité de Madame Sarah Haefner et le soutien des familles d’origine, la synagogue et maison communautaire a pu être construite sur et sous la dalle de Beaugrenelle et a été inaugurée le 5 juin 1981 (4 sivane 5741). En 2008, sous la présidence de Francis Lentschner, l’autorisation a été donnée par la Ville de Paris pour une extension sur la dalle de Beaugrenelle et une surélévation afin de construire un quatrième étage, qui a permis de pouvoir accueillir nos membres dans une grande salle communautaire dans laquelle de nombreuses manifestations ont lieu : seder de Pessah, dîners divers, fêtes, Journée de la Culture et du Livre Juifs, nuit de Chavouot… Cette salle est dallée par des carreaux de pierre de Jérusalem comme tout le pourtour extérieur de la synagogue qui s’élève de la dalle.