Toulouse : la jeunesse libérale en mouvement
Depuis 2024, la Communauté Juive Libérale de Toulouse (CJLT – Or HaOlam) réunit les deux communautés juives libérales de la ville autour de leur président Franck Lévy et du rabbin Ann-Gaëlle Attias. Or HaOlam, ce sont près de 200 familles adhérentes, un Talmud Torah, des cours, un Gan, une Maison de la Culture… et une trentaine de jeunes particulièrement actifs. Pierre Sempé et Camille Massol racontent l’effervescence qui les porte.
Pouvez-vous vous présenter ?
Pierre : J’ai 36 ans, je suis commercial et j’ai grandi dans le Gers. Les hasards de la vie font que j’ai toujours eu un entourage juif. Ma meilleure amie avait un père juif et une mère non juive ; elle avait commencé une conversion. J’ai suivi les cours avec elle, au début par curiosité théologique. Et cela a ouvert un chemin : aujourd’hui je suis juif et je fais partie d’Or HaOlam
Camille : Je m’appelle Camille Massol, j’ai 26 ans et je suis juriste dans une compagnie d’assurances. J’avais souvent des remarques sur mon judaïsme — trop, pas assez, ou « pas comme il faut ». J’ai cherché « Judaïsme libéral Toulouse » et je suis tombée sur l’AJLT. Je cherchais une communauté égalitaire où la place de la femme est reconnue comme celle de l’homme.
Comment est-ce d’être juif à Toulouse ?
Pierre : On vit avec une mémoire particulière. Je me rappelle l’attentat de Mohamed Merah, j’avais 23 ans. Je l’avais en tête quand je me suis engagé dans la sécurité, l’an dernier. Nous sommes d’ailleurs quatre dans le groupe à travailler ainsi à la sureté des lieux que fréquentent les juifs. Et puis Toulouse, c’est aussi une communauté orthodoxe très forte, parfois assez intolérante envers les couples mixtes ou les gens qui ne rentrent pas dans les cases. Un jour, on m’a même dit que sans parent juif je ne pouvais pas me convertir.
Camille : Pour les étudiants ou les jeunes, il y avait OLAMI et l’UEJF, mais Toulouse est très prisé par des religieux traditionalistes. Du côté libéral, il n’y avait pas grand-chose …
Qu’est-ce qu’être juif « libéral » ou « moderne » pour vous ?
Camille : C’est être dans une communauté égalitaire, avec ouverture d’esprit, où chacun trouve sa place.
Pierre : À mon sens, ce qui est trop daté ou trop dans le dogme doit évoluer. Le judaïsme s’est toujours réinventé. La voie libérale permet un compromis entre la vérité halakhique et la vie en diaspora. C’est dans l’ADN d’ Or HaOlam : une tradition ouverte sur le monde moderne.
Comment a commencé le groupe Or HaOlam des jeunes ?
Pierre : Au début, c’était simple : les parents faisaient des dîners, et les jeunes étaient là. Puis on a eu envie de se voir entre nous, plus souvent, différemment. On a lancé des dîners, des soirées autour des fêtes comme Soucot ou Pourim, puis des activités.
Camille : Ça a vite grossi : aujourd’hui nous sommes une trentaine. Avec Marianne Serre, on a créé un groupe WhatsApp pour organiser des sorties et des chabbatot. C’est important de fédérer notre groupe de jeunes au sein de la CJLT – Or HaOlam.
Quel est votre projet pour 2026 ?
Pierre : Organiser un voyage en Israël au début du mois d’août pour une quinzaine d’entre nous : Tel- Aviv, Jérusalem, Yad Vashem. Nous multiplions les dîners et événements auto-organisés pour en assurer le financement.
Camille : Comme je déménage à Paris en janvier 2026, on développe aussi nos liens avec JEM. L’administratrice Linda Atoui est venue nous voir et nous sommes en lien avec Arthur Prawidlo.
Comment vous contacter et vous rejoindre ?
Pierre : On nous trouve sur le site de la CJLT – Or HaOlam.
Camille : Ou tout simplement en écrivant à secretariat@cjlt.fr
Propos recueillis par Yaël Hirsch, directrice de la rédaction du Journal C’est tout ce que JEM