Tribune de Jean-François Bensahel : maintenir l’unité !

21 avril 2026

En ce jour de Yom Hazikaron, nous nous recueillons. Nous pensons aux soldats israéliens tombés pour défendre leur pays, aux victimes du terrorisme, de tous les terrorismes, aux familles endeuillées par les guerres, par toutes les guerres.

Nous pensons en particulier aux victimes de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 et à leurs proches, aux otages qui ont retrouvé la liberté après des mois d’enfer, et à ceux qui ne sont jamais revenus. Leur souffrance, celle de leurs familles, nous rappelle la fragilité d’Israël et notre devoir de protéger son existence.

Demain, nous célébrerons Yom Haatsmaout, l’anniversaire de la Déclaration d’indépendance proclamée le 14 mai 1948. Ce texte fondateur, signé par toutes les organisations religieuses et laïques, reste, pour nous, une boussole : égalité des droits pour tous les citoyens d’Israël, liberté de conscience, de culte et de culture. Un État juif et démocratique, ancré dans les valeurs de justice et de paix. Ces principes ne sont pas de simples mots : ils sont le cœur de la légitimité d’Israël.

Chez JEM, nous soutenons profondément l'État d'Israël

Nous croyons en sa vocation démocratique, en sa capacité à incarner les idéaux qui ont guidé sa création. Mais précisément parce que nous l’aimons, nous ne pouvons rester indifférents lorsque certaines évolutions politiques nous interrogent. Ces questions divisent la société israélienne elle-même, et elles nous touchent, nous aussi, en diaspora. Elles alimentent une confusion entre critique politique d’un gouvernement et rejet des Juifs, confusion qui nourrit l’antisémitisme que nous subissons.

Nous ne prétendons pas détenir la vérité

Nous savons que notre communauté rassemble des sensibilités diverses, et nous respectons cette pluralité. Si chacun en son âme et conscience juge qu’il lui appartient de s’exprimer à titre personnel, c’est son droit. S’en prendre à lui ou à elle et le ou la menacer – je pense notamment au rabbin Delphine Horvilleur – est déshonorant. Mon rôle est de maintenir l’unité de notre communauté. J’ai toujours dans l’oreille la phrase de Hillel אַל תִּפְרוֹשׁ מִן הַצִּבּוּר. Ne te sépare pas de la communauté. C’est la raison pour laquelle tant que la guerre dure j’ai choisi le silence.

En cette célébration de Yom Hazikaron, honorons ceux qui ne sont plus. En cette fête de Yom Haatsmaout, célébrons l’État d’Israël et l’espoir qu’il incarne. Et continuons d’espérer que les gouvernements israéliens, quels qu’ils soient, restent fidèles à l’esprit de 1948. Parce qu’Israël mérite ce qu’il y a de meilleur. Et parce que nous, Juifs de diaspora, avons notre part de responsabilité dans ce combat pour ses valeurs.

Am Israël Haï !

Jean-François Bensahel
Président de JEM