Nouveau rendez-vous : les offices séfarades égalitaires

12 février 2026

Les 20 et 21 février prochains, JEM inaugurera son premier Chabbat séfarade égalitaire. À cette occasion, le rabbin Philippe Haddad, qui animera ces nouveaux offices à la synagogue Copernic, nous partage ici le sens de cette démarche, entre mémoire, transmission et modernité.

À travers ces rendez-vous, il ne s’agit pas seulement d’introduire des mélodies venues d’Afrique du Nord, mais de faire résonner une mémoire vivante dans un cadre pleinement égalitaire. Portés par les voix mêlées des femmes et des hommes, ces offices proposeront une expérience liturgique où la fidélité aux airs séfarades s’harmonise avec l’esprit d’ouverture qui anime JEM.

Lors des offices de Yom Kippour séfarades que vous avez dirigés, y a-t-il un instant particulier qui vous a marqué et qui a confirmé l'importance de cette démarche ?

Le fait que près de 100 fidèles sont venus à nos deux derniers offices de Kippour prouvent qu’il y a une attente, d’où ces offices du chabbat régulier que JEM va proposer.

Avez-vous déjà observé des participants – qu'ils soient familiers ou non de ces traditions – particulièrement touchés ou reconnectés à quelque chose ? Qu'est-ce qui provoque cela selon vous ?

L’homme est un être nostalgique, Proust l’a magnifiquement dépeint avec « sa madeleine ». Pour une partie des fidèles de JEM Copernic entendre des airs séfarades doit contribuer à alimenter cette mémoire. D’ailleurs depuis quelques temps demandent que leur enfant lise la paracha sur l’air séfarade.

Quand les mélodies d’Afrique du nord (marocaines, tunisiennes et tlemceniennes) se mêlent dans un même office, qu'est-ce qui se crée musicalement et spirituellement ? Comment ces traditions dialoguent-elles entre elles ?

Avec notre ami le Hazan Armand Bénhamou nous allons tisser nos airs pour montrer la pluralité des traditions liturgiques. Même s’il y a des variations d’une communauté à l’autre, il y a une musicalité générale qui laisse entendre que l’on vient d’Espagne ou de l’autre côté de la Méditerranée. L’idée d’une unité dans les pluralités est l’une des idées centrales de la tradition d’Israël. Il y a tant de façons d’être juives et juifs et tant de façons de prier l’Eternel.

Comment envisagez-vous l'équilibre entre fidélité aux traditions séfarades et dimension égalitaire de ces offices ? Est-ce que cela change la manière de conduire l'office ?

En fait, JEM innove car les traditions progressistes sont nées en milieu ashkénaze. Le judaïsme séfarade n’a pas connu de mouvance libérale, car le judaïsme était moins strict, plus traditionnel au Maghreb. De façon triviale : C’est le couscous et la Dafina, plus que le commentaire talmudique, qui a maintenu vivant le judaïsme. Cet office séfarade va donc inaugurer un nouveau mode de prière communautaire où les airs traditionnels vont être chantés par les hommes et les femmes dans le même espace liturgique.

Au-delà de la prière elle-même, que souhaitez-vous voir naître ou renaître chez ceux qui participeront à ces offices mensuels ?

JEM espère attirer par cet office séfarade égalitaire des jeunes couples ou plus généralement des familles séfarades qui veulent entendre les airs de « là-bas » ensemble, sans que les femmes soient à l’étage en train de parler de cuisine ou de leurs vacances…(enfin j’me comprends !)

En inaugurant ces Chabbat séfarades égalitaires, JEM ouvre un nouvel espace de prière où mémoire et présent se rencontrent. Une invitation à chanter ensemble, à transmettre autrement et à faire vivre la richesse des traditions séfarades dans un cadre pleinement partagé. Rendez-vous les 20 et 21 février pour écrire ensemble cette nouvelle page de notre vie communautaire.