Le Tashlikh : ce que jeter des miettes à l’eau veut vraiment dire

4 septembre 2026

Chaque année, à Roch Hachana, des communautés juives du monde entier se retrouvent au bord d’un fleuve, d’un lac ou de la mer pour un rituel étonnant : jeter quelques miettes de pain dans l’eau. Ce geste, appelé Tashlikh, prend racine dans un texte précis et répond à une question qu’on se pose toute l’année, bien au-delà de la fête : comment se défaire vraiment de ce qui nous pèse ?

Un texte prophétique, un symbole ancien

Le Tashlikh s’appuie sur une phrase du prophète Michée : « Tu jetteras nos fautes au fond de la mer » (Michée 7:19). Le choix de l’eau n’est pas anodin dans la tradition juive : elle est associée depuis la Torah à un mouvement de purification (on pense au mikvé), à une force qui emporte plutôt qu’à un lieu où les choses stagnent. Le rituel du Tashlikh lui-même s’est répandu à partir du 15ᵉ siècle dans les communautés ashkénazes, avant de devenir une pratique largement partagée dans le monde juif, quel que soit le courant.

Le sens profond derrière le geste : la téchouva

Roch Hachana est appelé Yom Hadin, le jour du jugement, mais on pourrait tout aussi bien l’appeler jour de la lucidité : c’est le moment où l’on est invité à se regarder honnêtement. Le Tashlikh ne « lave » pas les fautes comme un acte magique — Maïmonide, dans ses lois sur la téchouva, rappelle que le vrai retour sur soi suppose trois mouvements : reconnaître sincèrement ce qui n’allait pas, le formuler clairement plutôt que le laisser diffus, puis s’engager concrètement pour l’avenir. Le Tashlikh est le geste qui vient sceller cette troisième étape : jeter les miettes, c’est dire « ceci appartient à l’année qui se termine, et j’avance autrement ».

Un besoin très actuel : s'arrêter, vraiment

Ce qui rend ce rituel particulièrement parlant aujourd’hui, c’est qu’il répond à un manque très contemporain : celui de s’arrêter pour de vrai. Pas un bilan fait en cinq minutes entre deux notifications, mais un vrai temps, en extérieur, en marchant, entouré d’autres personnes qui font le même exercice. Qu’ai-je accompli ? Qu’ai-je laissé de côté ? Qu’est-ce que je veux emporter avec moi dans l’année qui vient — et qu’est-ce que je choisis, littéralement, de jeter à l’eau ?

Vivre ce rituel avec JEM

Cette année, JEM vous invite à vivre le Tashlikh le 12 septembre à 17h, sur l’île Saint-Louis, au Pont Marie, avec le rabbin Yann Boissière. Un rendez-vous pour vivre ce rituel ensemble, au bord de la Seine, et faire de ce moment un vrai temps de renouvellement avant l’année qui commence.