JEM 30-50 ans : une communauté qui s’est réinventée de l’intérieur
Il y a deux ans, ils ont décidé de créer ce qui leur manquait. Aujourd’hui, avec plus de 400 membres plus tard, le groupe JEM 30-50 ans de JEM est devenu l’un des espaces les plus vivants de la communauté. Rencontre avec Alexandra, Alexandre et Fiona.
Comment l'histoire de ce groupe a-t-elle commencé ?
C’était un soir de novembre 2023. Seize personnes autour d’une table, quelques semaines après le 7 octobre. Personne n’avait vraiment prévu que cette soirée serait le début de quelque chose.
Le fil rouge de la soirée, proposé par le Rabbin Jonas Jacquelin : « Comment rallumer la lumière en période d’obscurité ? » La question, posée pour ‘Hanouka, résonnait ce soir-là d’une façon particulière. Dans la salle, des gens qui avaient besoin de parler, de se retrouver, de partager quelque chose de réel.
Alexandre : « Avant, pour moi, il n’existait rien. Après un épisode de divorce, je cherchais à rencontrer quelqu’un au sein de la communauté. Je n’ai pas trouvé. Alors plutôt que d’attendre, j’ai décidé de créer. »
Alexandra : « Dès cette première soirée, on a compris l’envie partagée et même un besoin renforcé de se retrouver au sein de la communauté, après l’effet avant/après le 7 octobre dans nos vies, en ayant grandi avec le ‘plus jamais ça’. »
Deux ans plus tard, le mouvement compte plus de 400 membres. La croissance s’est faite naturellement, portée par ce qu’Alexandra appelle « l’effet magique du bouche-à-oreilles » : les amis venus soutenir les fondateurs sont revenus pour les événements, en ont parlé autour d’eux, et ainsi de suite.
Qu'est ce qui s'est vraiment construit ?
En deux ans, le mouvement a multiplié les formats pour coller à des vies très différentes : chabbatot à la synagogue ou chez des membres, soirées pour les fêtes juives, Bookclub, footing du dimanche matin, networking, Breakfast Vitaminé, Afterworks… Et la JEM Jewish Jam, format festif né de l’imagination de Fiona, qui réunit désormais près de 60 personnes à chaque édition, entre danse et chant juste après l’office.
Alexandre : « J’ai vraiment l’impression que toute la communauté attendait ça un moment festif après l’office. On en a fait trois, à chaque fois il y a plein de monde. Ça va devenir un rituel. »
Alexandra : « On était 16 à notre première soirée de ‘Hanouka, plus de 60 au dernier allumage ! Nos amis venus au début pour nous soutenir sont revenus pour les événements. On parle même des soirées des ‘Alex’ dans d’autres communautés, non libérales. »
Certains moments restent gravés : une visite de l’expo de la peintre franco-israélienne Nathanaëlle Herbelin au Musée d’Orsay, une soirée au Sénat guidée par un membre du groupe, une soirée célib avec dégustation de vins cachers « excellents ! » précise Alexandra. Le Bookclub, lui, est né de l’initiative de deux membres, Julie et Simon. Preuve que le mouvement se co-construit autant qu’il se pilote.
Fiona, qui partage sa vie entre Lisbonne et Paris a rejoint l’équipe cette année et s’exprime sur la philosophie du groupe avec clarté :
Fiona : « L’idée, c’est de résonner avec les différentes parties qui composent la vie de nos membres, leur permettre de découvrir différentes facettes du judaïsme, mais aussi de leur propre personnalité, à travers des formats toujours fun et inspirants. »
“L'ambition, c'est que JEM devienne pour les Parisiens ce qu'une communauté est à New York : une évidence du quotidien.”
Qui sont les 30-50 ans de JEM ?
La question est posée aux trois et leurs réponses se complètent sans se répéter.
Alexandre : « La plupart cherchent à faire des rencontres, amicales, amoureuses, professionnelles. Dans un cadre adapté à leur rythme : le soir, le week-end, souvent kids friendly. On écoute, et on répond. »
Alexandra : « Il y a différents profils, des vies, des histoires, des degrés de pratique très différents. Mais une envie commune : la communauté, les rencontres réelles, dans un monde très connecté allant à mille à l’heure. »
Fiona : « Moins que la tranche d’âge, c’est quelqu’un qui se questionne et qui vit son judaïsme à l’ère de son temps. Quelqu’un qui le co-crée, au contact de son ressenti et des autres. Quelqu’un qui est toujours dans ce mouvement de la vie ! »
Que diriez-vous à ceux qui ne connaissent pas encore ce groupe ?
Alexandra : « Viens, je te promets, tu ne regretteras pas. Tu vas retrouver presque à coup sûr des têtes connues, discuter avec de nouvelles personnes, et tu auras cette sensation d’avoir pris de la hauteur. Je parierai que tu reviendras. Alors, tu es disponible pour lequel de nos événements ? »
Fiona : « JEM, c’est une maison aux fenêtres ouvertes. On accueille vos perspectives, elles s’inscrivent dans la trajectoire de l’organisation et y contribuent. C’est un point de repère stable, dans un monde instable. Pour vous sentir toujours chez vous, chez nous, et en vous. »
Alexandre : « On a vraiment besoin que des gens nous rejoignent, apportent de nouvelles idées, participent et fassent grandir le mouvement. L’ambition, c’est que JEM devienne pour les Parisiens ce qu’une communauté est à New York : une évidence du quotidien. »
Pour rejoindre le groupe des 30-50 ans de JEM c’est par ici !