De Jaipur à Ispahan : JEM Copernic devient carrefour du monde
Le 28 mai à 20h30, JEM Copernic accueille pour la troisième année consécutive le Sacré Sound Festival. Au programme : De Jaipur à Ispahan, une création originale portée par la chanteuse franco-iranienne Ariana Vafadari, un concert-traversée entre Perse, Inde et Turquie, où quatre voix et quatre univers musicaux se rencontrent sans se fondre.
Une histoire née dans les couloirs de Copernic
Le Sacré Sound Festival ne serait pas ce qu’il est sans un défi lancé un soir dans les bureaux de la synagogue. Laurence Haziza, sa fondatrice et directrice, que beaucoup chez JEM connaissent bien pour avoir dirigé pendant des années la programmation culturelle de Copernic, raconte : « Gad Veil m’a lancé un défi : si tu veux organiser des concerts ici, propose-nous de la musique sacrée. À vrai dire, je n’y connaissais pas grand-chose, mais ma curiosité et un certain sens du défi ont fait le reste. » Trois ans plus tard naissait le festival, avec en ouverture un concert de chants soufis marocains… dans une synagogue du 16e.
Laurence Haziza dirige par ailleurs depuis vingt ans le festival Jazz’N’Klezmer. C’est forte de cette expérience que sa conviction s’est cristallisée : la musique est l’un des derniers espaces où le dialogue reste vraiment possible.
Un festival né avant le 7 octobre, et qui tient bon
L’idée du Sacré Sound a commencé à prendre forme en février 2023. Le monde n’avait pas encore vacillé. Puis est venu octobre 2023. Laurence Haziza se souvient de ce moment charnière, en mai 2024, lors de la première édition : « Ni le chanteur marocain Walid Ben Selim, ni la synagogue Copernic n’ont annulé le concert prévu de longue date. J’ai ressenti un soulagement et j’ai pensé que le festival pourrait porter haut et longtemps son message de paix et de dialogue. »
Cette année, le festival franchit un cap supplémentaire : un Manifeste sera lu et distribué lors de chaque concert, pour affirmer sans ambiguïté les valeurs qui le fondent. « Au-delà des conflits politiques et des guerres, les gens désirent toujours assister à des concerts qui font sens, qui apaisent et qui invitent à la rencontre », dit-elle.
La voix comme acte de résistance
Ariana Vafadari a ouvert la toute première édition du festival. Elle était là l’an dernier. Elle revient cette année et ce n’est pas un hasard. « Après ce que le peuple iranien a traversé en janvier dernier, j’ai eu envie qu’Ariana revienne. C’était important pour nous. »
Par sa voix s’élève un chant d’engagement tourné vers les femmes d’Iran, les minorités, et tous ceux que l’on cherche à réduire au silence. Une ode à la liberté portée avec une délicatesse qui rend le propos encore plus puissant.
À ses côtés : Marianne Svašek, chanteuse de dhrupad venue du nord de l’Inde, « bouleversante d’humanité » selon Laurence ; Rusan Filiztek au saz et au luth ; et Julien Carton au piano. « À eux quatre, ils vont faire résonner la synagogue Copernic de leurs cordes aussi sensibles que sublimes. »
Une synagogue ouverte sur le monde
Du 26 mai au 5 juin, le Sacré Sound Festival investit des lieux d’exception parisiens : l’Église Saint-Eustache, le Couvent des Récollets, le Temple du Foyer de l’Âme, le Café de la Danse. Et bien sûr, JEM Copernic.
Il y a quelque chose de juste à ce que cette voix iranienne s’élève dans une synagogue parisienne. C’est exactement l’esprit du festival : faire de l’inattendu un espace de paix. Pour JEM, ce partenariat répété depuis trois ans dit quelque chose de notre vision, une communauté ouverte, qui croit que la culture est un pont, et que la musique peut rapprocher ce que le monde s’acharne à séparer.
Infos pratiques :
Jeudi 28 mai à 20h30
Synagogue Copernic
Tarif normal à partir de 31,50 €
Tarif réduit à partir de 21,00 €