30 ans de rabbinat : portrait de Gabriel Farhi

9 juillet 2026

Juin 1981. Dans la synagogue de Beaugrenelle, un adolescent monte à la Torah pour sa Bar Mitsva, la toute première célébrée dans ce lieu. Il ne le sait pas encore, mais quinze ans plus tard, c’est dans ces lieux qu’il reviendra officier. Cet adolescent, c’est Gabriel Farhi.

Le chemin, pourtant, ne sera pas tout droit. Direction Londres puis Jérusalem, pour des années d’études au séminaire rabbinique du Leo Baeck College. En 1996, l’ordination. Et cette ordination c’était il y a trente ans, cette année.

Il y a d’abord eu la synagogue de Beaugrenelle, où tout a commencé. Puis l’Est parisien, rue Pétion, où il prend la responsabilité de la communauté et met la main à la création d’une nouvelle synagogue, celle de Surmelin. En 2007, il saute dans le vide et fonde sa propre maison : l’AJTM, Beth Yaacov, rue Pelleport où il d’est attelé pendant quatorze ans à faire vivre un judaïsme qui refuse de choisir entre tradition et modernité, parce que, pour lui, les deux se répondent plutôt qu’elles ne s’opposent.

Mais réduire Gabriel Farhi à la synagogue serait passer à côté de l’essentiel. Depuis l’ouverture de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou en 2001, c’est lui qui accompagne les patients juifs dans les moments les plus difficiles, le seul aumônier israélite de l’hôpital à ne pas dépendre du Consistoire. Il enseigne aussi l’éthique médicale aux futurs médecins, sur des questions qui n’ont pas de réponse toute faite. Le dimanche matin, depuis 1999, c’est sa voix qu’on entend sur les ondes, d’abord sur Judaïques FM puis sur Radio J. Le cinéma est même venu le chercher, pour conseiller un scénario ou incarner, à l’écran, ce rôle qu’il connaît si bien. Et plus d’une fois, c’est lui qui a accompagné, en coulisses, des parcours de conversion qui ont fait parler d’eux.

Trente ans, ça se compte en dates et en fonctions. Mais ce qui a traversé le temps, c’est cette même conviction, répétée sous des formes différentes : un judaïsme qui parle à son époque et qui fait dialoguer les courants, les générations, les convictions.

Toute la communauté JEM se joint pour lui souhaiter un immense mazeltov !